Pourquoi je colle

Pourquoi je colle

 

Mes premiers collages. C’était en en 1992…Attentive à mon bien être, je cherchais une plus grande paix intérieure. Je croyais qu’une activité physique intensive ou la méditation allaient me libérer des pensées « parasites » qui m’encombraient.

Après avoir essayé les deux je me suis rendue compte que la dispersion mentale se nourrit de notre volonté de dispersion.

Me vint alors l’idée de réaliser l’inverse: me concentrer sur cette impression de morcellement intérieur, de fragments dispersés en moi, non pour les contenir mais pour les absorber chaque fois plus en moi même.

Je rassemblais des journaux au hasard, je déchirais ce qui attirait mon attention sans me focaliser sur quelque chose de particulier, sans censure. Un premier morceau et augmentant la cadence du collage les morceaux suivants selon l’intuition, sans jamais composer. Sur du papier à dessin puis sur du carton ondulé qui nécessite plus d’attention (a-tension) et empêche la composition car on perd de vue ce que l’on colle. Le geste est plus mécanique que rationnel, sans aucune pause entre deux mouvements.

La fin du collage s’annonce quand l’émotion qui l’a initiée arrive à son terme, le point final est l’ultime morceau de papier collé, l’ultime fragment « d’émotion recollée ».

La contemplation de l’œuvre réalisée est toujours une surprise, une révélation, mes émotions s’en sont allées là devant moi, réfléchies, recomposées sur le papier, transformées en métaphores, souterrains, chemins, fenêtres, corps, gestes, mots.

 Au delà d’être un processus cathartique, cette technique de collage est indiscutablement un art, fruit d’une expression venue du plus profond de nos émotions, il parle la langue intuitive de nos inconscients.

J’expose et propose à ceux qui sont intéressés par ce moyen d’auto-connaissance « artistico-cathartique » de s’initier à ce voyage vertigineux qu’est le kaléidoscope de soi même, un voyage pictural à l’intérieur de soi.

 

Brigitte Barateau

 

 

 

 

Publié dans Réflexions