MA BOHEME

Publié le par Trèflerèle

 

 

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées
Mon paletot aussi devenait idéal
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

 

 

Arthur Rimbaud 1854 1891

 

 

* féal: du latin fidelis, fidèle

 

 

étonnant ce vocabulaire pour cette époque, quelle imagination.....

 

Publié dans réflexions

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flipperine 21/12/2012 17:43


de jolis mots et certainement un homme bien seul et pauvre

Bernard Sananès 20/12/2012 10:27


Je tire une carte du jeu du JE, au hasard des 100 propositions ! Je lis " A trop vouloir se dépasser, on se perd de vue ! Aujourd'hui, reste proche de toi, bien dans tes baskets!" En frottant ma
maxime avec le poème, j'ai envie d dire sans commentaire ! Mais je préfère la clarté d'un ciel étoilé ! Je vois du bonheur à se retrouver dans sa simplicité, une épure existentielle sans
paillettes, sans chimères, une promenage en soi en compagnie d'un amour, d'une présence amie... nourritures essentielles !

Trèflerèle 20/12/2012 12:00



"Le reflet est pour les couleurs ce que l'écho est pour les sons" Joseph Joubert


c'est une onde qui (me) répond à ce message,


onde de choc?


onde de vie?


on devient vie?


promenage, promis l'âge, âge promis, ami proche.... un jour essence ciel