Le roi et l'archer

Publié le par Trèflerèle


Un jour, n’en pouvant plus d’être la risée du royaume, un roi convoqua son meilleur archer pour qu’il lui apprenne à tirer à l’arc. Après trois heures de cours sur le maniement de l’arme et sur l’art de tirer une flèche, l’archer demanda au roi d’essayer. Le roi répliqua : " Je suis fatigué, je vais me pratiquer un peu plus tard. "

La semaine suivante, une immense réception était organisée. Le frère du roi avait entendu dire que le roi avait suivi des cours de tir à l’arc. Il était curieux d’en voir les résultats. Il demanda donc au roi de faire une démonstration à la cour. Confiant, parce qu’il avait suivi ses trois heures de cours, il décida de s’exécuter. Il se remémora les instructions et conseils de son meilleur archer. Il prit position et lança une première flèche … qui rata la cible. Il donna comme excuse que la cible était beaucoup trop petite. Il ordonna qu’on approche la cible. Il essaya de nouveau, mais le résultat fut le même. En colère, jetant l’arc et les flèches par terre, il ordonna qu’on ramène cet archer de malheur. Compte tenu de son attitude, personne n’osèrent rire du roi et de ses mésaventures. Arrivé à la cour, le roi dit à l’archer : " Tu es un excellent archer, mais un très mauvais enseignant. Par ta faute, j’ai été ridiculisé. Pour cela, tu iras en prison. Qu’on amène l’archer en prison ! ". L’archer n’eût pas le temps de répliquer que les gardes l’amenaient déjà vers le cachot.

La semaine suivante, peu fier de son exploit, il organisa un concours d’archer afin de déterminer qui serait son prochain enseignant. Le concours terminé, il convoqua le gagnant pour qu’il lui apprenne à tirer à l’arc. Encore une fois, l’archer expliqua au roi comment tenir son arc, comment se positionner, comment viser la cible, etc. Après trois heures intensives de cours, l’archer demanda au roi de faire quelques tentatives. Le roi refusa, prétextant la fatigue. Le jeune homme voulu insister et les gardes s’approchèrent de lui. Il comprit qu’il devait en rester là.


La semaine suivante, le roi organisa une nouvelle fête en ayant la ferme intention, cette fois, de réussir. Avant même que son frère le mette au défi, il se leva et déclara : " Qu’on installe la cible et qu’on m’amène mon arc et mes flèches, je vais vous faire une démonstration. " Le roi, cette fois, était vraiment confiant. Il était certain de réussir. Il se remémora les conseils du second archer. Il prit position, visa et décocha une première flèche qui rata la cible. Il donna comme excuse que ce n’était pas son arc habituel. Il demanda qu’on lui apporte un autre arc. Vite, ses sujets lui amenèrent un autre arc. Il le prit, décocha une seconde flèche et obtint le même résultat. Rouge de colère, il ordonna qu’on fasse venir le second archer pour qu’on lui coupe la tête.


Son frère, lui, riait comme un fou ! Le roi, hors de lui, s’approcha et lui demanda ce qui le faisait rire à ce point. " Mais c’est la situation, mon frère ! " s’exclama-t-il. "En fait, depuis une semaine, je t’observe, je te vois suivre tes cours sans décocher une seule flèche et puis tu arrives ici, sans avoir pratiqué, et tu n’arrives même pas à toucher la cible. Tu pestes contre les archers qui t’ont enseigné, tu continues à suivre des cours et rien n’a changé. As-tu songé, que peut-être, tu n’as tout simplement pas les habiletés pour tirer à l’arc ? " Le roi était bouché bée, comme si on venait de lui faire la plus grande révélation de sa vie !


" Mon bon roi, tu crois encore que se sont les événements extérieurs qui sont la cause de tous tes malheurs ! Le vieil adage dit : Si tu cherches un coupable, regarde dans un miroir et non dans une lorgnette ! Si tu prends la responsabilité de ta vie, tu atteindras la cible avec brio et tu ne la verras plus l’étroitesse du centre de la cible, qui peut parfois ressembler à l’étroitesse de ton esprit… là où on refuse d’y faire entrer le changement, la nouveauté, la différence, la surprise, etc. Tu veux devenir un bon archer ? Suis des cours et ensuite, pratique. Décoche le plus de flèches possible, jours après jours et tu deviendras un bon archer. Le succès se gagne par le travail, la discipline et la pratique et non par la simple pensée magique. "


Le roi fixa le centre de la cible qui était devant lui. Il éclata de rire à son tour : " Tu as raison, mon frère… je ne sais pas tirer à l’arc ! Mais ce n’est pas de ma faute… c’est de la faute de notre père ! " Il fit un clin d’œil à son frère, car il avait bien compris le message… Quelques jours plus tard, il fit peindre au bas de la cible cette réflexion : Ma vie est remplie d’obstacles. Le plus grand… c’est moi !

 


Publié dans réflexions

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