Le privilège du vent

Publié le par Trèflerèle

 

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Lire des histoires, les écouter, les inventer...pour comprendre sa propre histoire

L’herbe folle est là, si discrète qu’on la laisse au bord du chemin. Qui sait voir le fil du destin ? Ce fil est aux mains des fées. Nous sommes aux mains des fées, ou de la Grande Fée aux trois visages :

- elle tire le fil du fuseau, l’axe premier ;

- elle l’entraîne dans la ronde du rouet ;

- elle tranche le fil ;

La fée (fata) est destin (fatum). Le héros du conte assume son destin de bout en bout. Il tient debout.

C’est le sens originel du mot « destin » qui provient de stare qui signifie : se tenir stable, ferme, se tenir debout. De étant le préfixe qui accentue la situation. Le conte nous invite à tenir notre rôle dans la vie, fermement, debout. Il nous exhorte : « Sois entier, héroïque ! Alors ton destin s’accomplira. » Mais il nous le dit avec tendresse, humour, sans emphase.

L’héroïne, le héros, sont ceux qui savent être attentifs à la moindre fourmi, qui enfourchent quand il le faut une hirondelle, relâchent un poisson à l’eau par compassion, sans calcul, sans idée de bien faire.

Le héros est presque toujours le dernier, (dernier des fils), le simple, celui en qui on ne croit pas et qui ne croit pas en lui-même. Seulement, il tient son engagement. Il n’a pas l’idée de réussir, seulement il « fait », jusqu’au bout. Aujourd’hui, pour recueillir le souffle vivant du conte, s’offrent deux possibilités :

- s’aventurer dans de lointaines contrées à la rencontre des tout derniers anciens qui gardent de leur mieux la mémoire ;

- s’aventurer en enfance. Le conte nous attend là, à sa source.

Certes, il est légitime de chercher l’origine des contes en des temps reculés, de déceler leur vagabondage d’une culture à l’autre, d’apprécier leurs variantes d’une contrée à l’autre.

Notons toutefois que les contes se sont joués des zones d’influence des grandes religions ; ils sont partout chez eux avec de troublantes similitudes. C’est aussi le privilège de l’herbe folle... d’une vague d’océan, ici ou là ; le privilège du vent, du soleil et de la nuit. Le privilège de l’essentiel.

d'apres Jean Claude Marol  "Les contes règlent les comptent"

 

 

image: collage sur carton ondulé

 

 

Publié dans réflexions

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flipperine 11/09/2012 11:31


et oui la vie un grand conte que l'on doit gérer

Trèflerèle 11/09/2012 21:19



merci à toi!!