La partage du lundi: Maela Paul écrivain

Publié le par Trèflerèle

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Créer c’est donner vie à un objet, à un projet, à une rencontre, à une œuvre d’art, à un livre, à une chanson, à un voyage…c’est être vivant.

Partager ses créations c’est partager la vie, Sa vie, s’enrichir en accueillant l’autre.

 

Aujourd’hui j’accueille Maela Paul qui est écrivain.

Son dernier livre : La petite colère. 

 

Présentation de l’auteur et autres ouvrages

Maela PAUL réalise ici, après l’édition d’un recueil de textes à l’écriture poétique Eclats ou la Femme Lisse (L’Harmattan), son premier roman.

Elle est l’auteur d’ouvrages de références (sur l’accompagnement la voix, le recommencement) au service desquels elle a forgé sa réflexion sans jamais renoncer à aiguiser son écriture et forger un style qui lui est propre.

 

PAUL (M), 2009, Eclats ou La Femme Lisse, L’Harmattan, Littéature

PAUL (M), 2004, L'accompagnement : une posture professionnelle spécifique, Paris, L'Harmattan, 351p.

PAUL (M), 2002, Recommencer à vivre : crise, reprise et rencontre dans la vie professionnelle, 283 p.

PAUL (M), 1996, Leçons du Silence, Paris, Albin-Michel - Dervy, 287p.

 

 

Résumé (4è de couverture)

Elle. C’est Isabelle. Mais elle pourrait s’appeler Lydie, Brigitte, Aude ou Christine.

Elle a la cinquantaine. Elle vient d’être quittée.

Lui, C’est Bernard. Comme il pourrait être Michel, Didier, Yves ou Jean-Luc. La cinquantaine pareillement. Il a décidé un beau matin de

« reprendre sa liberté », comme il dit. A l’heure de la maturité, il ne veut plus avoir de compte à rendre, il veut son salaire pour lui tout seul et vivre comme il l’entend. Et pour retrouver ses aises, il est prêt à tout détruire. Tout. D’ailleurs, c’est ce qu’il fait.

A l’occasion de la rupture, Isabelle tente, à travers l’écriture, de faire le point sur sa vie, sur ce qu’elle est, sur cet autre qui la fuit après un quart de siècle de vie commune et sur cet amour qui s’obstine malgré l’épreuve. La tentative s’avère une épreuve dans l’épreuve, mais ô combien salutaire.

Finalement l’écriture se constitue, en quelque sorte, comme premier personnage, et c’est elle qui légitime et offre sa moelle à l’ouvrage.

 

Extraits

 

« La rupture s'écrit comme un itinéraire à déchiffrer, avec ses phases et ses tâches, des gestes et des rituels à se donner, un sentier à frayer dont l'orée n'est autre que soi. » « J'évolue à l'intérieur du langage comme un animal flairant une piste, marquant son territoire ou déterminant sa tanière. J'en éprouve les accidents, les escarpements. Les failles aussi. Je hume. Je scrute. Je m'affole parfois. Pour un rien. Un mot qui monte et je transpire de tout ce pan de vie qu'il ramène avec lui. Parfois les mots dégagent cette odeur de terre mouillée qui me ramène à l'automne. Au temps des battues. De la traque et des hordes que l'on pourchasse. Au temps de ce corps résistant à l'appel du vide et se couchant dans les larmes : dans le mitan du lit, la rivière est si profonde… ».« Nous n'avons pas, dit le philosophe, un devoir de taire mais celui de déplier sur un mode apaisé, sans colère ni ressentiment, autant que faire se peut, une histoire qui a été la nôtre. Mais l'histoire n'y est dénouée que par celui qui la raconte. »« Quand l'heure est au changement, on ne peut pas indéfiniment paraître avec des habits repassés et les traits lissés. » « Qui m'a soufflé de graver l'inventaire des lieux où je me suis perdue en toi ? »

 

Le point de vue de l'éditeur

La cinquantaine, un couple, la rupture.

Qu’importe le sujet, c’est l’écriture qui le constitue moins qu’elle ne le légitime et lui offre sa moelle. Celle de Maela Paul, tirée, tendue, réfléchie, dégraissée, confère à ce récit un ton, un appui, une assise. Et c’est ce guide-là qui, à l’insu peut-être de l’auteur mais on en douterait, a fini par devenir le premier personnage du texte, un style qui, au dire de Flaubert,

est au-dessus de toute vérité.

La collection « Ecritures » est faite pour ce type d’écrit. Daniel Cohen, Directeur de la collection « Ecritures », Département « Littérature »,

Editions L’Harmattan, Paris.

 

Le point de vue d’un lecteur

On sort plus humain de cette lecture. Ce n'est jamais larmoyant ni mièvre. C'est fort : d’une intensité rare. C'est au delà du langage. Un chant d'amour et de désamour dans lequel l’auteur se livre toute entière avec pudeur. Et finalement, un hymne à la vie d'une extraordinaire féminité. C'est de l'écriture à même le corps. Je retiens que « dans l'inattendu, il n'y a pas que des humiliations mais aussi des grâces et des bénédictions » et « des moments bénis où la gorge se dénouant, le chant peut s'autoriser ».

 

Merci Maela pour ce moment d'émotion pure.

 

 

* collage réalisé en milieu carcéral


Publié dans réflexions

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