Pourquoi je colle

Publié le par Trèflerèle


Mes premiers collages. C’était en 1992…Attentive à mon bien être, je cherchais une plus grande paix intérieure. Je croyais qu’une activité physique intensive ou la méditation allaient me libérer des pensées « parasites » qui m’encombraient.

Après avoir essayé les deux je me suis rendue compte que la dispersion mentale se nourrit de notre volonté de dispersion.

Me vint alors l’idée de réaliser l’inverse: me concentrer sur cette impression de morcellement intérieur, de fragments dispersés en moi, non pour les contenir mais pour les absorber chaque fois plus en moi même.

Je rassemblais des journaux au hasard, je déchirais ce qui attirait mon attention sans me focaliser sur quelque chose de particulier, sans censure. Un premier morceau et augmentant la cadence du collage les morceaux suivants selon l’intuition, sans jamais composer. Sur du papier à dessin puis sur du carton ondulé qui nécessite plus d’attention (a-tension) et empêche la composition car on perd de vue ce que l’on colle. Le geste est plus mécanique que rationnel, sans aucune pause entre deux mouvements.

La fin du collage s’annonce quand l’émotion qui l’a initiée arrive à son terme, le point final est l’ultime morceau de papier collé, l’ultime fragment « d’émotion recollée ».

La contemplation de l’œuvre réalisée est toujours une surprise, une révélation, mes émotions s’en sont allées là devant moi, réfléchies, recomposées sur le papier, transformées en métaphores, souterrains, chemins, fenêtres, corps, gestes, mots.

 

Au delà d’être un processus cathartique, cette technique de collage est indiscutablement un art, fruit d’une expression venue du plus profond de nos émotions, il parle la langue intuitive de nos inconscients.

J’expose et propose à ceux qui sont intéressés par ce moyen d’auto-connaissance « artistico-cathartique » de s’initier à ce voyage vertigineux qu’est le kaléidoscope de soi même, un voyage pictural à l’intérieur de soi.

 

Brigitte Barateau

 

 

Publié dans réflexions

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citron vert 28/09/2009 12:12



J'aime beaucoup ce qui se raconte par ici.Le dialogue entre Trèflerèle et Emma est très riche d'enseignement et j'aime bien venir y semer mon petit grain de sel!
J'apprends beaucoup avec vous car vous savez toutes les deux mettre les mots sur ce que je ressens et ce que j'exprime par le collage.un grand merci pour nos échanges grâce à rat-colle 



students resource 28/09/2009 11:51


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___________________

students resource


citron vert 27/09/2009 10:18


C'est intéressant cette façon de travailler le papier , j'ai un peu le même début de parcours:(si j'ai bien compris) plus de sport intensif cause casse! alors pour se défouler et s'exprimer ,
faire sortir le trop plein d'idées (dis mon cerveau t'arrête de penser un peu que je me repose!!)j'ai eu envie de coller pour déposer mes pensées ....
Ta façon de coller me fait penser à de la course d'endurance .
bon dimanche


Annik 26/09/2009 10:35


C'est magnifiquement décrit. Je le ressens au fil de la lecture de l'article aussi, cet apaisement quand tout a été déposé sur le support. C'est bien vrai que ce n'est pas en fuyant ce qu'on
ressent qu'on le trouve cet apaisement, mais en l'acceptant pleinement, en lui laissant un champ d'expression. Bon week-end, Annik


Trèflerèle 27/09/2009 13:27


merci Annick Bon Week end ensoleillé au dedans ou au dehors de...Soi


eMmA 23/09/2009 21:01


Très émouvant article.
Tu nous livres ton cheminement personnel dans l'art du collage.
C'est terriblement intéressant, surtout pour moi qui ne pratique le collage que depuis un peu plus d'un an (et qui devrais davantage m'intéresser à la pratique d'une activité physique plus suivie
et revenir à davantage d'ntrospection...)
C'est vrai que moi, je ne fais que composer. J'ai bien essayé de coller sans trop réfléchir, mais je n'y vais pas naturellement.
J'aime vraiment assembler en prenant tout mon temps (environ 8 heures sur un collage 24X32cm). J'aime préparer les fragments, changer la composition, y revenir, puis enfin coller...
La surprise arrive au fur et à mesure, quand même, parce que je trouve que les morceaux de papiers n'en font souvent qu'à leur tête. Ils tiennent les rênes.
Je ressens à chaque fois énormément d'émotion et de joie, à la fin de chaque collage.
Merci pour cet article qui m'a beaucou plu.
Bien à toi,
eMmA