L'histoire de Dhun-Nun

Publié le par Trèflerèle

Dhun Nun est un Egyptien, un des plus grands mystiques soufis.

Plutôt que de donner des explications, il crée un contexte vivant parce qu’il sait que la compréhension mentale n’est pas suffisante. On peut être convaincus intellectuellement sans être transformé le moins du monde. Comment cette sagesse lui a-t-elle été donnée ? On raconte qu’avant qu’il ne soit un maître, alors qu’il était à la recherche de la vérité, il s’approcha un jour d’un village. Il sortait d’une longue traversée du désert, il avait faim et soif, il était fatigué et cherchait un abri. Il vit une femme sur le toît d’une maison : elle était occupée à faire des réparations en vue de la saison des pluies. Il s’approcha et, quand il s’arrêta, la femme se mit à rire. Dhun-Nun, surpris lui dit : « que se passe t-il ? Pourquoi m’accueilles-tu de la sorte ?

La femme lui répondit : « Quand je t’ai vu entrer dans le village, en voyant ta robe j’ai pensé que tu étais un mystique soufi. Quand tu t’es rapproché j’ai aperçu une partie de ton visage et j’ai bien vu que tu n’étais ni un mystique, ni un maître, mais un disciple. Toutefois, tu étais encore assez loin et je ne pouvais qu’entrevoir tes yeux. Tu t’es avancé et je les ai observés : j’ai alors su que tu n’étais pas un disciple, que tu n’étais même pas sur la Voie. Et maintenant que te voila, je te contemple tout entier et je découvre que tu n’es même pas un chercheur, que tu n’as jamais entendu parler de la Voie ! C’est pour cela que je ris : de loin tu ressembles à un mystique mais ton visage n’est pas assorti à ta robe. »

Le mot soufi vient d’un mot qui désigne un certain type de robe. « Souf » veut dire laine, un « soufi » est un homme vêtu d’une robe de laine. Pourquoi les soufis, qui vivent dans le désert, ont-ils besoin de porter ce vêtement chaud ? Parce que, disent-ils quand un vent frais circule en vous, le reste est sans importance. A l’extérieur il fait une chaleur d’enfer, au centre règne la fraîcheur.

Le port de cette robe est une technique destinée à faire passer de la périphérie au centre. Si le corps est brûlant, il faut nécessairement se tourner vers l’intérieur pour échapper à ce feu. Celui qui marche sous le soleil cherche l’ombre d’un arbre, dans le désert on est forcé de chercher un point à l’intérieur de soi, là où la chaleur ne pénètre jamais.

La femme dit à Dhun-Nun « De loin tu ressemblais à un soufi, à un maître mais ensuite j’ai vu ton visage……. »

On rapporte que Dhun-Nun jeta sa robe, entra dans le désert à nouveau et que l’on entendit plus parler de lui pendant vingt ans.

Ensuite de tous les coins de l’Egypte les gens accouraient écouter Dhun-Nun.

Ces voyageurs avaient coutume de lui demander : « Mais qu’est-il arrivé durant ces vingt années qui ont suivi la rencontre avec cette femme ? Qu’as-tu fait ? Qu’as-tu découvert ?»

Dhun-Nun répondit : « J’ai pratiqué rien, je suis resté simplement avec mon être »

Un jour un jeune homme vint lui dire que les soufis se trompaient.

Comment pouvaient-ils affirmer cela ?

L’Egyptien retira une bague d’un de ses doigts et la lui tendit en disant :

« Prends ceci, va au marché et vois si tu peux l’échanger contre une pièce d’or. »

Au marché, personne ne lui en offrit plus qu’une pièce d’argent.

Le jeune homme revint avec la bague.

« Maintenant lui dit Dhun-Nun, montre là à un bijoutier et vois combien il t’en offrira »

Le bijoutier en offrit mille pièces d’or.

Le jeune homme était étonné.

« Tu vois dit Dhun-Nun, tu en connais autant sur les soufis que les marchands sur les bijoux. Si tu veux évaluer des bijoux, il te faut devenir bijoutier. »

Que voulait-il montrer ? Que le soufisme n’est pas un système de connaissances. Ni les écritures, ni les enseignements ne permettent de comprendre, parce qu’une explication ne peut devenir une expérience. En fait c’est plutôt l’inverse : les explications empêchent l’expérience.

La connaissance ou plus précisément le chemin qui vous mène à la connaissance, est un processus sans fin, vivant qui fait partie de votre être. Devenez des bijoutiers.

 

 

 

Mourir et renaître, La voie soufie OSHO RAJNEESH

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